Pour rappel, la première étape de notre stratégie de désimperméabilisation était de repérer en priorité les sites où le sous-sol infiltre rapidement les eaux pluviales (cf. post précédent). L’objectif global étant de renforcer le principe de la ville-éponge.
Vous avez maintenant choisi votre site.
C’est un parking et vous voulez créer une ferme urbaine 🥦🍅 avec des arbres fruitiers 🍏 🍋 et une certaine qualité paysagère.
Oui, soyons fou.
Vous imaginez bien que pour atteindre cet objectif ambitieux, il va falloir transformer ces sols inertes en sols vivants. La deuxième étape de cette stratégie aborde donc la question de l’aptitude agronomique des sols.
Mais je vous propose une alternative au schéma habituel qui consiste à tout excaver et tout remplacer par de la bonne vieille “terre végétale”. N’oublions pas que la terre végétale est une ressource finie, puisqu’il s’agit généralement de terres agricoles qui ont été décapées suite à un projet d’aménagement.
Gardez en tête que chaque matériau terreux, même sous le béton, est une ressource potentielle pour reconstituer des sols urbains fertiles. Nous allons donc réaliser des sondages à la pelle mécanique pour ouvrir le béton et dresser un inventaire des différents matériaux terreux à l’échelle du site. Pour chaque matériau terreux, on attribue un potentiel de valorisation agronomique, c’est-à-dire qu’on évalue la possibilité de le réemployer pour reconstituer les futurs sols de la ferme urbaine.
Cet inventaire des matériaux terreux représente donc une base de connaissances à partir de laquelle nous pourrons définir des modèles de reconstitution de sols adaptés aux usages prévus. En valorisant au maximum les matériaux in situ, on réduit non seulement l’empreinte carbone du projet (moins de trajets en camions) mais on réduit également notre dépendance à la terre végétale.
Et s’il s’avère que les ressources en matériaux terreux sont insuffisantes sur le site (potentiel agronomique insuffisant, pollution) rien ne nous empêche de prendre un peu de recul pour repérer les projets d’aménagement à proximité qui ont bilan excédentaire en matériaux terreux.
Mettre en place une filière d’économie circulaire des terres excavées pour créer des sols urbains fertiles, c’est pas mal comme projet non ?









