Passer du béton au sol vivant : étape 3.

Nous abordons enfin l’étape finale de notre projet de désimperméabilisation. Pour rappel, nous avons fait le pari de convertir un parking en ferme urbaine.

Oui vous avez bien lu.

Alors, vous venez de faire votre inventaire des matériaux terreux présents sous le béton (cf. post précédent) et vous êtes plutôt chanceux. En effet, une partie non négligeable du parking repose sur un matériau non pollué et présentant un potentiel agronomique vraiment intéressant au regard de ses propriétés intrinsèques, c’est-à-dire les propriétés qui évoluent peu à notre échelle de temps (texture, épaisseur de l’horizon, pierrosité, etc.).

Avant d’aller plus loin, j’aimerais rappeler une petite chose : il est illusoire de penser que nous sommes capables de reconstituer en quelques semaines un sol présentant un “fonctionnement” similaire à un sol naturel qui a mis des milliers d’années à se former. Le sol est un écosystème à part entière, un monde infiniment complexe dont la mise en place suit un rythme bien précis.

Mais cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas restaurer voire reconstituer des sols fertiles à partir de rien. Il faut juste garder en tête que l’application du génie pédologique permet avant tout d’accélérer les premières étapes de la pédogénèse (formation des sols) en recomposant directement les différents horizons du sol.

Revenons à nos matériaux terreux. Votre diagnostic vous amène à considérer ce fameux matériau comme le candidat idéal pour recréer un horizon organique de surface, aussi appelé “horizon A”. Pour cela, vous allez devoir créer les conditions pour que cet horizon accueille le vivant. Autrement dit, vous devrez offrir le gîte et le couvert à tous les organismes qui fondent la fertilité du sol.

Petit rappel : sur 1 hectare de praire permanente, le sol contient environ 8 tonnes d’être vivants (vers de terre, champignons, bactéries, etc.), soit 2 éléphants. Et 2 éléphants ça mange ! 🐘🐘

Donc l’idée est de s’inspirer du principe fondamental qui permet à la forêt d’être autofertile : il faut nourrir le sol pour nourrir la plante. Et la bonne nouvelle est qu’il existe de nombreux « déchets » qui sont en réalité de véritables ressources pour nourrir nos sols (déchets organiques ménagers, Bois Raméal Fragmenté (BRF), compost de déchets verts, paille, résidus de tontes, feuilles mortes, etc.).

Des déchets urbains au service de la fertilité des sols, j’aime beaucoup ce concept.

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